Action 2 : Recycler le plastique localement

L’objectif second de ce projet est de créer une résilience locale en terme de santé, avec la création de circuits locaux d’approvisionnement, l’envoi de matériel du premier volet ne venant que répondre à l’urgence.

Afin de penser l’approvisionnement en matière plastique sur plus long terme et faire perdurer les actions des fablabs sur place, le projet prévoit l’envoi des composants nécessaires à la fabrication, à titre d’expérimentation, d’une machine Precious plastic et un travail pour l’adapter aux conditions locales. Cette machine est actuellement utilisée par des makers à Rennes pour pallier au manque de plastique consommable pour l’impression 3D des visières de protection et pour la fabrication de pièces de rechange (certifiées par l’AP-HP) actuellement en tension en France sur les machines prenant en charge les patients en réanimation (valves, pousses-seringues etc.)

Precious plastic est une machine open-source imaginée par Dave Hakkens, qui permet de transformer des déchets plastique en plastique thermoformé (briques..), en objets ou en filaments pour imprimante 3D après collecte, lavage, broyage des déchets. Le kit est composé de 4 machines pour recycler et transformer du plastique : une machine pour broyer le plastique et les réduire en copeaux, une pour le chauffer et le mouler par pression, une pour le mouler par injection et une pour l’extruder.  Mises bout à bout, elles constituent une mini usine de recyclage maison dont se servent certains fablabs français, notamment à Rennes, pour pallier la pénurie de consommable en France et continuer à répondre à la demande de fabrication de visières de protection notamment.

De façon plus générale, la machine permet de fabriquer, en recyclant la matière plastique, de nombreux objets utiles pour la sécurité sanitaire mais au-delà pour les pièces nécessaires dans différents domaines aux Fablabs. Adaptée à l’utilisation du plastique PET (polyéthylène téréphtalate) et PEHD (polyéthylène haute densité), elle présente un intérêt tout particulier en terme de récupération et réutilisation des plastiques en Afrique de l’Ouest, et pourrait solutionner à la fois des problèmes d’accès à du petit matériel de santé, mais répondre également aux enjeux de salubrité, de recyclage des déchets et permettre un débouché économique pour les personnes dépendant de la récupération de déchets pour survivre. 

Cependant, son expansion en Afrique et dans le monde est limitée par l’accès aux pièces détachées nécessaires à sa fabrication, leur coût actuel (en particulier celui du broyeur), le manque de connaissances quant-à son utilisation et les débouchés de ce qui peut être produit. Le projet doit permettre de répondre à ces points de blocage, selon les besoins identifiés par les fablabs africains eux-mêmes. La question de l’approvisionnement en matière première doit être enfin menée avec le concours des autorités locales et des acteurs de la filière déchets des territoires et villes concernées.

Ce projet prévoit l’achat des pièces nécessaires à la fabrication d’une unité de production precious plastic, son installation au sein d’un fablab du Reffao, et son expérimentation par les makers locaux afin de simplifier les plans et les pièces en vue de les adapter aux conditions locales et de les fabriquer localement, en relation avec les artisans et le tissu industriel des territoires.

Les connaissances techniques de certains partenaires sont essentielles pour trouver des solutions aux problèmes techniques rencontrés pour adapter la machine localement et améliorer son efficience. Au sein du projet, le Collectif Indiens dans la Ville de Rennes travaille actuellement à simplifier les plans de la machine pour démocratiser son utilisation, notamment la fabrication de filaments pour imprimante 3D. Le Fablab d’Airbus, sollicité par Airbus Africa Community, partie prenante du projet en lien avec l’usine Airbus de Toulouse, travaille quant-à lui à simplifier l’usinage du broyeur, pièce centrale de la machine et difficile à fabriquer en Do It Yourself par les fablabs eux-mêmes pour l’instant. Ce travail de recherche doit ensuite être mené sur place avec les fablabs africains pour adapter la machine aux réalités locales, que ce soit en terme d’accès aux pièces détachées, leur résistance, mais aussi en terme d’accès à la matière première, le plastique PET et PEHD.

Une formation à l’utilisation de la machine Precious Plastic à destination des makers locaux, animée par un maker français sera programmée à la livraison. Le lieu et la date de la formation sont encore à définir, en fonction des contraintes de déplacement à l’international et des liens créés sur place suite au premier volet du projet.

L’expérimentation doit ensuite durer plusieurs mois pour documenter la machine, les solutions apportées, et en faire bénéficier l’ensemble de la communauté des makers francophones.