Open santé

Dans toute la France mais aussi en Inde, en Colombie, et dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, les fablabs viennent déjà en aide aux personnels soignants et à tous les professionnel·les en contact avec des publics (commerce, forces de sécurité, ambulanciers…). Ils fabriquent sur leurs fonds propres avec des protocoles sanitaires stricts des masques, des visières de protection, du petit matériel médical (pousse-seringue…) et des respirateurs, sur des plans en open source partagés sur internet par la communauté mondiale.

Au mois de mars 2020, en cœur de crise du coronavirus, un dispositif original et inédit s’est mis en place dans le monde et en particulier en France, pour inventer un système ouvert permettant d’équiper le plus rapidement possible les hôpitaux d’objets et de dispositifs médicaux. Il permet de croiser besoins, invention, libération des solutions, tri en fonction de la fabricabilité, certification médicale et diffusion de chaque objet dans une galerie sur internet. Ces objets, souvent imprimables en 3D, sont accompagnés de fiches d’allégations et adressent quatre catégories d’acteurs coordonnés pour leur fabrication rapide :

  • Les bénévoles disposant de matériel
  • Les fablabs
  • Les petites et moyennes entreprises
  • Les industriels

Le projet consiste à créer un dispositif de santé ouverte ou open santé similaire dans les pays du sud. Bénévoles designers (dont plusieurs centaines en Afrique de l’Ouest) et prototypeurs dessinent des objets pour répondre à des besoins au travers deux plateformes de recherche ouverte “Just One Giant Lab”, et le discord soutenu par le Réseau Français des fablabs. Ces objets sont proposés dans le bien commun de l’humanité au travers de licences CERN open hardware, ce qui permet leur re-fabrication bénévole et la refabrication SUR PLACE par les 4 catégories d’acteurs ci-dessus au plus près des hôpitaux, des services et commerces essentiels, ou de la population.Les dispositifs médicaux ont fait l’objet de validation scientifiques et médicales permettant de les autoriser légalement durant la crise, dans les Centres Hospitaliers Universitaires, dont le plus important acteur est l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui a installé la première ferme d’imprimantes 3D à Paris dans un hôpital pendant la crise.

Exemple de processus d'open santé

Il s’agit d’ouvrir à tous des espaces numériques et physiques de conception coopératifs pour créer et adapter des objets de santé, lesquels sont localement prototypés, validés médicalement, puis refabriqués partout.

L’enjeu est tout bonnement énorme. Par exemple aujourd’hui pour une prothèse le prix de l’amortissement de la recherche et développement et de la certification peut aller jusqu’à 80% du prix final… sans forcément de réparabilité locale.

Ici on partage ce qui est conçu, mis dans le bien commun de l’humanité sur internet. La conception, la validation et la fabrication sont directement distribuées.

L’open Santé transforme la rareté (designs et objets) en abondance et libère leur fabrication légale notamment dans les pays du sud.

Elle s’inspire des dispositifs dérogatoires utilisés durant la crise du coronavirus pour en faire des processus adaptés à l’invention et la fabrication permanente de nombreuses solutions (hygiène, dépistage, protection, traitement…).